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Tout savoir sur le cancer du sein


Tout savoir sur le cancer du sein

C'est le cancer le plus fréquent chez la femme : une femme sur huit a été, est, ou sera touchée par le cancer du sein. Il constitue la principale cause de mortalité par cancer chez les femmes avec 12 000 décès chaque année. Quels sont les facteurs de risques reconnus de cette tumeur maligne ? Quels sont les différents traitements qui peuvent être mis en place ? En quoi consiste le dépistage ? Le Dr Baalbaky, chirurgien gynécologue au centre hospitalier Compiègne-Noyon, nous éclaire sur le sujet. 

Qu’est-ce que le cancer du sein ? 

Le cancer du sein résulte d’un dérèglement de certaines cellules qui se multiplient et forment le plus souvent une masse appelée tumeur. Il en existe différents types qui n’évoluent pas de la même manière. Certains sont agressifs et évoluent très rapidement, d’autres plus lentement. Les cellules cancéreuses peuvent rester dans le sein ou se propager dans d’autres organes. On parle alors de métastases. Dans la majorité des cas, le développement d’un cancer du sein prend plusieurs mois, voire plusieurs années.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés : facteurs hormonaux, antécédents familiaux et personnels, mode de vie et environnement. Néanmoins, il existe encore des incertitudes quant au poids de plusieurs de ces facteurs dans le développement de cette maladie.

Comment traite-t-on le cancer du sein ? 

Différents types de traitements peuvent être utilisés : la chirurgie, la radiothérapie, l’hormonothérapie, la chimiothérapie ou encore les thérapies ciblées. Parfois, un seul traitement est nécessaire. Dans d’autres cas, une association de traitements est utile pour mieux maîtriser la maladie. Le choix du traitement est personnalisé et adapté à chaque patiente. Plusieurs médecins de spécialités différentes se réunissent en Réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour discuter des meilleures solutions de traitements possibles pour chaque cas. Le choix du traitement dépend du type de cancer du sein, de l’envahissement ou non des ganglions, de la présence ou non des récepteurs hormonaux à la surface des cellules cancéreuses, de la présence ou non de métastases dans d’autres organes, de l’âge de la patiente et de son état général.

 

  • La chirurgie

 

Elle est dans 80 % des cas le traitement de première intention des cancers du sein non métastatiques. Aujourd’hui, la chirurgie est de plus en plus performante et moins mutilante. Au centre hospitalier, un chirurgien plasticien prend en charge les chirurgies de reconstruction mammaire. 

La tumorectomie

Il s’agit de l’ablation chirurgicale de la tumeur d’une taille habituellement inférieure à 3 cm et d’une partie des tissus sains qui l’entourent. Le sein est conservé. Elle concerne 75 % des cas.

La mastectomie

Elle consiste à retirer le sein avec la tumeur, pour des tumeurs plus volumineuses ou s’il existe plusieurs tumeurs dans le sein.

Les ganglions

L’ablation d’une partie de la chaîne ganglionnaire située dans l’aisselle près du sein atteint (curage ganglionnaire) n’est plus réalisée systématiquement. On pratique désormais la technique dite de ganglion sentinelle qui consiste au cours de l’intervention à extraire les premiers ganglions de la chaîne. Si après analyse de ces derniers, aucune cellule cancéreuse n’est retrouvée, il n’est pas nécessaire de réaliser le curage qui a des conséquences sur la qualité de vie post-opératoire des patientes.

 

  • La radiothérapie

 

C’est un traitement local du cancer du sein utilisé en fonction des cas pour diminuer les risques de récidive locale de la maladie après la chirurgie. Elle permet la conservation du sein dans les meilleures conditions, de traiter directement la tumeur lorsqu’une opération n’est pas possible et d’irradier les zones ganglionnaires lorsque le curage ganglionnaire a montré de nombreux ganglions envahis.

  • La chimiothérapie

Contrairement à la chirurgie et à la radiothérapie qui sont des traitements locaux, la chimiothérapie utilise un ou plusieurs médicaments qui seront diffusés dans l’ensemble de l’organisme. Selon les cas, elle est administrée avant la chirurgie (chimiothérapie néo adjuvante) ou, le plus souvent, après la chirurgie (chimiothérapie adjuvante).

  • L’hormonothérapie

Comme la chimiothérapie, l’hormonothérapie est un traitement adjuvant qui complète le traitement chirurgical. Son but est de réduire le risque de métastases et de récidive. Tous les cancers du sein ne réagissent pas à l’hormonothérapie. Ce traitement n’est utile que lorsque les cellules cancéreuses présentent à leur surface des récepteurs hormonaux permettant aux hormones de se fixer à la surface des cellules : on parle alors de cancer hormonosensible.

 

  • Les thérapies ciblées

Tout comme la chimiothérapie et l’hormonothérapie, elles font partie des traitements adjuvants. Elles ont pour but de s’attaquer aux cellules métastatiques en cas de tumeur HER2 positif (environ 1 cancer sur 5).

En quoi consiste le dépistage ? 

L’intérêt du dépistage est de pouvoir soigner le cancer plus facilement et de limiter les séquelles liées à certains traitements.

  • Un examen clinique des seins (palpation) par un professionnel de santé est recommandé tous les ans dès l’âge de 25 ans.
  • Entre 50 et 74 ans, en l’absence de symptômes et de facteurs de risque, une mammographie,complétée si nécessaire par une échographie, est recommandée tous les 2 ans. C’est le programme de dépistage organisé mis en place en 2004. Les mammographies jugées normales font l’objet d’une seconde lecture systématique par un autre radiologue. Il n’y a pas assez d’études qui ont montré l’efficacité de ce dépistage avant 50 ans. Après 74 ans, la question du dépistage du cancer du sein doit être examinée au cas par cas par le médecin.
  • Des modalités de suivi spécifiques pour les femmes présentant des antécédents médicaux personnels ou familiaux, ou certaines prédispositions génétiques.

Grâce au dépistage et aux nouveaux traitements, la survie nette à 5 ans s’est améliorée au cours du temps, passant de 80 % entre 1989 et 1993 à 87 % pour la période de diagnostic 2005-2010.



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09 Octobre 2019