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Tout savoir sur le cancer du côlon


Tout savoir sur le cancer du côlon

À l’occasion de Mars bleu dédié à la prévention du cancer colorectal, le centre hospitalier fait la lumière sur ce cancer très fréquent qui touche essentiellement les personnes âgées de plus de 50 ans. Symptômes, causes, dépistage et traitement... Eclairage avec le Dr Guillaume Perrier, chef de service de chirurgie viscérale et digestive au centre hospitalier.

 

Qu'est-ce que le cancer du côlon ou colorectal ?

Le cancer colorectal est le 3e cancer le plus fréquent en France et le 2e plus meurtrier. Il se développe à partir des cellules de la muqueuse de la paroi du côlon et se localise 7 fois sur 10 au côlon et 3 fois sur 10 au rectum. Le cancer se développe dans la majorité des cas sur la dégénérescence d’un polype. Le polype est une lésion bénigne potentiellement cancéreuse. Il faut une quinzaine d’années pour qu’un polype se transforme en cancer.

 

Quels sont les causes et les facteurs de risque ?

  • L’âge (le plus souvent à partir de 50 ans).
  • Le surpoids et l’obésité.
  • La sédentarité.
  • La consommation excessive d’alcool.
  • L’alimentation riche en viande rouge et charcuterie et pauvre en fruits et végétaux.
  • Le tabagisme.
  • Les antécédents de cancer colorectal dans la famille.
  • Les maladies inflammatoires de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique).
  • Les anomalies génétiques (très haut risque de cancer colorectal dans les cas de maladies génétiques telles que le syndrome de Lynch ou la polypose adénomateuse familiale).

 

Quels sont les symptômes ?

La maladie est longtemps asymptomatique. Il faut être vigilant sur la présence de sang dans les selles, les troubles du transit intestinal (apparition d’une constipation), les douleurs abdominales.

 

En quoi consiste le dépistage ?

Le dépistage doit se faire à un stade précoce pour améliorer la prise en charge et le pronostic. Tous les 2 ans, les hommes et les femmes âgés de 50 ans à 74 ans reçoivent une invitation de l’Assurance maladie pour consulter leur médecin traitant afin de réaliser un test de dépistage. Le dépistage du cancer colorectal se base sur la pratique du test immunochimique fécal (FIT) qui permet de repérer des saignements microscopiques dans les selles. Simple, à faire chez soi et rapide, il consiste à mettre une bandelette dans les selles afin de révéler ou non la présence de sang indétectable à l’œil nu. Pour les patients à haut risque (maladie inflammatoire, antécédents familiaux au 1er degré, polypose adénomateuse familiale,…), le dépistage est effectué plus tôt et, dans certains cas, la coloscopie doit être systématique et répétée. En cas de symptômes ou en cas de tests de dépistage positifs, la coloscopie est l’examen de référence car elle permet un diagnostic précis et la pratique de biopsies.

 

Quelle prise en charge est proposée au centre hospitalier ?

La prise en charge thérapeutique du cancer colorectal dépend de la taille et de la localisation de la tumeur ainsi que de la présence éventuelle de métastases.

Dans les cas favorables, la chirurgie permet l’ablation de la tumeur et la guérison du patient. En effet, détecté à un stade précoce, il se guérit dans 9 cas sur 10. 

En cas de maladie plus avancée (extension ganglionnaire, extension locorégionale ou présence de métastases), la chimiothérapie est indiquée éventuellement en complément de la chirurgie.

Pour les cancers du rectum, la chimiothérapie associée à la radiothérapie est souvent proposée avant l’étape chirurgicale.

Les moyens humains et matériels du centre hospitalier du site de Compiègne permettent de réaliser le diagnostic et la prise en charge complète des cancers colorectaux. Cette prise en charge est réalisée par le service de chirurgie viscérale et digestive et par le service de gastroentérologie.

À l’occasion de la réunion hebdomadaire de concertation pluridisciplinaire (RCP) de cancérologie digestive à laquelle participe chirurgiens, gastroentérologues, oncologues, radiologues et radiothérapeutes de SNC CROM, chaque cas est analysé de façon collégiale pour définir une prise en charge spécifique.

 



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26 Février 2020